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Besoins en infrastructures
d'information et de communication

Ce texte a été établi pour mettre au clair les grands traits de la problématique des zones rurales excentrées en matière d'infrastructures de télécommunication. Il est destiné à alimenter le débat:

  1. dans le cadre du pré-diagnostic commandé par le Conseil Général du Tarn au Comptoir des Signaux (étude lancée en mai 98)
  2. dans le cadre des contrats de développement local (Contrat Espace 2000 - Contrat de Terroir)
  3. dans le cadre de n'importe quelle réflexion sur le développement local des zones rurales, considérant que le problème est à peu près le même partout en France, voire en Europe



Une chance pour le rééquilibrage ville/campagne

Les NTICs contiennent la promesse potentielle d'affranchir les régions excentrées d'un handicap majeur, celui de voir leur économie progressivement aspirée par celle des villes environnantes sans possibilité de répliquer. Les NTICs apportent la possibilité de réplique, qui consiste à aller chercher dans les territoires urbains des revenus et des services pour ramener du pouvoir d'achat dans les campagnes, enrayer la désertification, et enrichir la vie socio-culturelle locale. Pour l'instant, ce n'est qu'une potentialité qui reste encore largement virtuelle, mais on commence quand même à connaître quelques télé-travailleurs de ci de là dans la campagne environnante.

... mais à condition d'avoir des infrastructures à la hauteur

Quoi qu'il en soit, les NTICs ne pourront favoriser un rééquilibrage ville/campagne que si elles sont à la hauteur, c'est à dire si les débits et la fiabilité des communications sont au moins aussi bons dans les campagnes que n'importe où ailleurs. Faute de remplir cette condition, le rééquilibrage ne serait qu'un acte manqué.

Et si France-Télécom nous lâchait ?

Considérant que:

En faisant 1+1=2, on arrive à la conclusion que:

Donc la condition évoquée ci-avant d'équivalence qualitative des moyens a toutes les chances de ne pas être remplie, limitant ainsi les chances de rééquilibrage.

Les collectivités locales s'en mêlent

A côté des opérateurs commerciaux de télécoms, on commence aussi à trouver des collectivités locales qui fournissent des infrastructures de communication, générallement dans le cadre de zones d'activités technologiques. Considérant la relation avec les infrastructures qu'elles gèrent (passage des fibres optiques avec les autres canalisations), les collectivités locales pourraient devenir l'acteur clef dans la fourniture d'infrastructures locales (cf cas de la ville de Stockholm).
 
Si ce schéma se confirme, on assistera probablement à un déploiement graduel à partir des pôles technologiques des villes, qui finira par relier les campagnes longtemps après, en tant que prolongements lointains des lignes de banlieue. Compte-tenu de la répartition des compétences en France, ce sont les Districts et Conseils Généraux qui seront vraisemblablement amenés à être les acteurs principaux, pour autant que la législation les affranchisse de certaines impossibilités.

L'opportunité des technologies sans fil

Néanmoins, il existe des technologies sans fil qui permettent de construire des réseaux locaux économiques et robustes, avec des débits du même ordre que ceux de CyberCâble (2 Mbps), et qui seraient adaptés à l'habitat diffus (portée 10 km env.). On connait notamment une expérience de réseau éducatif à Riga (Wireless Internet Access in Latvia), confirmée par quelques années d'usage, qui n'a utilisé que des équipements modestes disponibles sur le marché. La technologie consiste à disposer des antennes servant de relais sur quelques points élevés et à raccorder chaque réseau Ethernet local via un routeur hertzien qui communique avec l'antenne (2,4-2,4835 GHz). Les antennes peuvent en outre servir de relais entre elles pour couvrir un plus grand territoire. Ce type de réseau hybride serait particulièrement adapté à un habitat semi-groupé en hameaux où les maisons peuvent être reliées par un mélange de réseau Ethernet câblé et de réseau hertzien à faible portée, avec un routeur hertzien pour l'ensemble du hameau.

Une des fonctions intéressantes d'un LAN sans fil serait de grouper les communications individuelles pour optimiser le coût de connectivité globale vers l'extérieur, permettant ainsi à chacun de payer moins cher (remplissage des vides entre les paquets d'informations).

Vers l'autonomie micro-régionale

Au mieux, grâce à des technologies sans fil qui diminuent le coût du réseau (installation + entretien), les zones rurales pourraient devenir un marché de télécoms modestement rentable. Cela suppose néanmoins des technologies et des pratiques professionnelles assez différentes de celles des villes, faisant que cela ne présente guère d'intérêt pour les gros opérateurs. Il serait donc logique de favoriser la création d'un opérateur spécifique à la zone, public, privé ou mixte, qui soit à l'échelle de son marché et qui puisse, grâce à des technologies adaptées, fournir une connectivité de qualité à moindre coût tout en en vivant correctement.

Cependant, cet opérateur aura d'autant plus de sens et sera d'autant plus viable s'il couvre l'ensemble du bassin de vie rural, qui s'étend grosso-modo entre Caylus, Najac, Monestiés, Cahuzac, Castelnau, Salvagnac, Monclar, Montricoux, Septfonds, soit à cheval sur les confins de 3 départements (Tarn, Tarn et Garonne, Aveyron), ce qui ne manquera pas de susciter des obstacles administratifs et politiques de taille. C'est probablement dans la capacité à surmonter ces obstacles et à transcender les fiefs que se jouera l'essentiel de l'affaire.

Mieux vaudrait ne pas tarder

Il serait tentant de repousser cela à plus tard au prétexte qu'il y a des problèmes plus urgents et que les territoires ruraux ne sont pas encore prêts à cela considérant que les villes commencent tout juste à s'y mettre. Cependant, ce serait mal avisé:

 

dl@quartier-rural.org

 


Sommaire (http://www.quartier-rural.org/dl/implic/ran/index.html)
Mise à jour: 12/08/98