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Ce document a trait au développement local d'un ensemble de cantons ruraux entourant la Forêt de Grésigne, aux confins du Tarn, du Tarn et Garonne et de l'Aveyron. (voir carte)
Le tourisme est souvent considéré comme le principal axe de développement local, voire le seul qui soit envisageable. Toutefois, le rendement des moyens investis est très bas et les retombées plutôt mitigées:
- l'impulsion à la restauration, au maintien, et à la valorisation du patrimoine est indiscutablement utile, mais cela ne représente qu'une faible part des investissements liés au tourisme; de même l'artisanat d'art génère des emplois et maintien des compétences, mais il ne pourra jamais constituer qu'une fraction de l'économie locale
- à côté de cela, beaucoup d'investissements lourds et d'entretien (infrastructures publiques et privées) pour peu d'utilisation chaque année, d'où un besoin permanent de subventions soi-disant d'équipement, qui reviennent de fait à une subvention d'exploitation globale (économie artificielle, dépendance)
- les infrastructures doivent être à peu près dimensionnées pour les pics de fréquentation, d'où un gâchis considérable compte-tenu de la faible utilisation durant la majeure partie de l'année
- l'essentiel des emplois durables générés par le tourisme sont ceux liés aux travaux de construction et d'entretien; beaucoup d'emplois sont saisonniers; tout cela est peu rentable en termes d'accroissement des compétences locales et de synergies économiques
- les forts déséquilibres de population entre la période estivale et le reste de l'année sont nuisibles à l'équilibre de la vie sociale et suscitent parfois des réactions allergiques
Fini le temps des grandes vagues, comme le retour à la terre des années 70. Depuis les années 80, le flux migratoire ne relève plus d'aucune catégorisation, mais plutôt de cas individuels de personnes qui ont su trouver "leur solution" pour vivre dans le coin tout en subvenant à leurs besoins. Chaque solution étant différente de celles des autres, les cas apparaissent toujours exceptionnels et ne sont donc pas pris en considération comme phénomène global. Pourtant, la plupart des habitants permanents qui sont venus s'installer depuis quelques années relèvent de ces cas atypiques.
Les gens qui viennent s'installer dans les coins paumés ne le font pas par hasard. S'ils avaient de grandes ambitions économiques ou s'ils étaient des travailleurs-consommateurs moyens, c'est ailleurs qu'ils iraient vivre. Ceux qui ont arrivent des villes avec des compétences de management par exemple ne viennent générallement pas pour exercer ce genre de compétences sur le milieu rural, mais plus souvent parce que les jeux économiques ont cessé de les passionner et qu'ils ont eu envie de faire autre chose. Il ne faut donc pas escompter que les nouveaux arrivants aient un comportement d'homo-economicus et puissent être le moteur d'une économie locale prospère générant de nombreux d'emplois. Le seul objectif raisonnable que l'on peut se fixer est que les nouveaux arrivants puissent maintenir une vie sociale et culturelle en puisant leurs ressources économiques dans quelque agglomération lointaine grâce à leurs histoires de vie et aux réseaux qu'ils ont pu tisser ailleurs.
Pour améliorer l'équilibre du développement, 2 axes paraissent aller de soi:
- mieux rentabiliser les infrastructures existantes en augmentant le tourisme hors-saison
- favoriser l'immigration des atypiques pour faire vivre les villages et accroitre les compétences locales
Dans les 2 cas, la problématique consiste à attirer un nombre suffisant de cas relativement exceptionnels:
- d'une part des touristes qui prennent leurs vacances à un autre moment que la plupart
- d'autre part des hurluberlus dont l'activité bizarre peut leur permettre de vivre dans le coin
Internet est l'outil qui permet justement cela, en apportant la faculté d'adresser un échantillon tellement large qu'on peut espérer y trouver assez d'oiseaux rares. La condition est de savoir se rendre visible et pertinent au milieu de la masse des informations.